Communiqué de presse
Bureau de Presse à la CIDH
Washington, DC — À l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme et dans le cadre des 16 Jours d'activisme contre la violence basée sur le genre, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) exprime sa profonde préoccupation face aux niveaux persistants et alarmants de féminicide dans la région. Cette forme meurtrière de violence basée sur le genre continue de porter atteinte à la dignité, à la sécurité et à l'égalité des femmes et des filles dans les Amériques et les Caraïbes.
Dans toute la région, des centaines de femmes sont assassinées chaque mois pour des raisons liées à l'inégalité de genre, ce qui témoigne d'une crise dans l'hémisphère, alimentée par la discrimination, les stéréotypes profondément enracinés et la normalisation de la violence à leur égard. Les données montrent des taux constamment élevés — et en augmentation dans certaines régions — de meurtres commis par des partenaires intimes, les femmes représentant la majorité des victimes. Les rapports faisant état d'une brutalité croissante, d'une létalité accrue et d'une impunité généralisée soulignent que la violence à l'égard des femmes et des filles, qui escalade souvent jusqu'au féminicide, reste l'une des violations flagrantes des droits humains les plus répandues dans l'hémisphère. La plupart des femmes qui subissent ces préjudices n'ont pas accès à des mécanismes efficaces de justice ou de protection.
Le féminicide est le résultat d'inégalités structurelles, de discrimination et d'une impunité persistante qui exposent de nombreuses femmes, en particulier celles qui sont les plus vulnérables, à un risque extrême. Les cas impliquent souvent des agressions sexuelles, des violences physiques graves, des strangulations et l'incinération ou l'abandon des corps, ce qui révèle une cruauté visant à réduire les victimes au silence et à les intimider. Bien que de nombreux États aient adopté des lois visant à alourdir les peines, les données montrent que le durcissement des sanctions n'a pas, à lui seul, permis de réduire le nombre de féminicides. Les systèmes de protection restent inaccessibles, les enquêtes manquent de ressources, les données fiables sont rares et la dépendance économique continue de piéger les femmes dans des situations de violence. Une prévention efficace nécessite des politiques qui agissent avant que la violence ne se produise, notamment des mesures de protection solides, des refuges sûrs, des programmes d'autonomie économique et des systèmes de soutien communautaire.
La CIDH rappelle que la Convention de Belém do Pará oblige les États à faire preuve d'une diligence raisonnable renforcée pour prévenir, enquêter, sanctionner et éradiquer la violence à l'égard des femmes, y compris le féminicide. Le respect de ces normes exige non seulement des réformes institutionnelles, mais aussi une transformation des normes sociales et culturelles qui perpétuent la discrimination et normalisent la violence. L'éradication du féminicide nécessite une éducation complète, des campagnes de sensibilisation du public et la participation active des hommes et des garçons afin de promouvoir des changements de comportement fondés sur le respect, l'égalité et la dignité.
La Commission réaffirme que le féminicide constitue une violation flagrante des droits humains et une menace directe pour la vie démocratique. En cette Journée des droits de l'homme, la CIDH exhorte les États à renforcer les mécanismes d'enquête et de protection, à garantir un accès effectif à la justice et à investir dans des politiques publiques préventives et à long terme qui élargissent l'autonomie des femmes, y compris l'indépendance économique, essentielle pour briser les cycles de violence. La Commission réaffirme son engagement à travailler avec les États et la société civile pour garantir que toutes les femmes et les filles puissent vivre à l'abri de la violence meurtrière basée sur le genre.
La CIDH est un organe principal et autonome de l'Organisation des États Américains (OEA) dont le mandat émane de la Charte de l'OEA et de la Convention américaine relative aux droits de l'homme. La Commission interaméricaine a pour mandat de promouvoir le respect et la défense des droits de l'homme et de servir, dans ce domaine, d'organe consultatif de l'OEA. La CIDH est composée de sept membres indépendants, élus à titre personnel par l'Assemblée générale de l'OEA et qui ne représentent pas leurs pays d'origine ou de résidence.
No. 258/25
10:55 AM